Le carnet vieilli de Nòlmë, entièrement rédigé en elfique ancien
Ma Reine, Ô ma Reine,
Quel honneur d'avoir été désignée, mon coeur palpite, mes lèvres tremblent légèrement, mais je fais bonne figure. Je garde le silence, je ne vous regarde pas, il ne faut pas, mon regard souillerait votre beauté.
Vous n'avez dit mot, occupée a dispenser vos instructions à celui qui allait être notre Prince, celui qui allait nous guider, nous, vos Elus J'étais proche, je pouvais entendre votre voix. Harmonieuse, musicale, comme si le monde lui même chantait de sa plus belle voix. Et moi, je me laissais bercer par ce Chant, votre Chant.
Seul le seigneur Tortheldrin restait debout et avait été autorisé à contempler votre beauté, j'en tremblais d'excitation et de jalousie. Oui, même si je comptais parmi vos élus, je restais jalouse de celui qui avait l'honneur d'échanger quelques paroles avec vous. Mais je ne dis mot, ces sentiments étaient néfase au bon déroulement de notre Tâche.
Ô ma Reine,
C'est à ce moment que vous nous aviez dit de nous relever, mais malgré tout, nous gardions la tête baissée, par respect, par humilité. Vous êtes passée devant chacun de nous, relevant notre menton avec votre doigt, si doux et cette odeur, si énivrante. Ô ma Reine, vous avez posez votre regard sur moi un court instant, instant qui me parit durer une vie, une éternité, mon coeur s'était arrêté, mon regard était brillant. L'avez vous-vu ma Reine ? Mais vous n'êtes déjà plus là, partie accorder cette même faveur à vos autres Elus et pourtant, votre visage resta gravé en moi. Elune vous a bénie, vous faisant don de Sa Beauté, de Sa Sagesse.
Ma Reine, nous ne vous décevrons pas.
Nous faisons route vers le Sud, le sentez vous ? Vos Elus arrivent à destination, une forêt, vierge, magnifique, l'endroit idéal pour la Tâche que vous nous avez confié. Notre Prince semble avoir trouvé le lieu adéquat et nous ordonne de commencer à nous installer. Nous le suivons car nous Vous suivons. Nous baptisons ce lieu Eldre'Thalas et nous même "Shen'dralar". La Quête pouvait commencer, votre Quête
Ô Ma Reine,
Nous avons appris, mais nous ne pouvons vous assister, le Prince refuse, vous avez été claire, nous nous devons d'être neutre et ne pas nous égarer, nous ne devons pas nous éloigner de notre Tâche. Mais pour l'Histoire, pour le Savoir, nous devions nous rendre sur place, veiller, observer, noter. Mon Âme souffre d'être contrainte, impuissante, regarder ces créatures souiller nos Sanctuaires, souiller votre Gloire, mais telle est votre volonté. Je n'interviendrai pas, ma Reine. Je reste discrète, j'observe, je note, je dessine. Chaque fait, chaque geste, chaque sortilège employée par ses créatures est soigneusement notifiée dans mon carnet.
Ca ne suffit pas. Une analyse plus poussée est nécessaire, il me faut savoir. Je m'avance lentement, discrète, il fait nuit, ils ne me voient pas. Mais l'un deux m'avait senti... Moi aussi d'ailleurs, il me soufflait dans le dos, sa respiration était chaude, souillée, impie. A peine je me retournais, il était en train d'abattre sa lame. Ma Reine, vais-je mourir ici ? Je me vois, dans mon propre sang, souillée par cette lame impie, je l'entend rire, je l'entend lever sa lame de nouveau, mais je suis au sol. A terre, paralysée par la douleur, par la peur, mes mains tremblent légèrement tandis que j'essaie de faire appel aux énergies du Puit. Je parviens a le déséquilibrer avec un projectile magique alors qu'il allait m'achever. Je roule sur le côté, je rampe dans la nuit, laissant derrière moi une trainée de sang qu'il n'a aucun mal à suivre.
Je vais mourir, mon Prince, ma Reine, pardonnez mon imprudence. Pardonnez mon échec.
Je suis en vie. Je ne sais pas comment, je remercie Elune, je remercie ma Reine, je remercie mon Prince. Je suis en vie.
Je ne sais pas où je suis, la chambre dans laquelle je suis installée semble vide... Et je ne sais pas quand je suis...