Le carnet vieilli de Nòlmë, entièrement rédigé en elfique ancien
Les deux enfants que j'ai décidé d'aider. Je ne les ai pas encore revue et pourtant l'urgence est là, la deuxième soeur est également touchée par cette maladie innée qui lui sera fatale. Ce type de maladie est particulièrement difficile à soigner car je ne connais pas la source de ce mal. De plus, je ne sais pas où les joindre. Il reste une lueur d'espoir pour elles : J'ai demandé l'aide de ce Rouge, je crois que je commence à m'habituer à son sens de l'humour particulier. Il ne me garantit pas de pouvoir les soigner, mais déterminer l'origine de ce mal me suffira à planifier une opération magique en vue d'extraire cette maladie.
Je ne suis pas sûre que cela soit possible sur la Liucia sans la tuer, mais peut être que sa soeur pourra être sauvée.
J'ai revu les deux jeunes filles et j'ai pu obtenir leur nom, il me sera plus simple de les nommer sous le même nom. Les soeurs Alrun. Visiblement il s'agit des soeurs du Major éponyme. Le monde me parait parfois vraiment petit mais cette famille regorge d'intérêt. Il faudra que je me renseigne.
Pour ce qui est de la maladie, comme je l'imaginais, l'atteinte était effondrée lorsque j'ai annoncé la nouvelle concernant sa soeur. Je suis perplexe sur celle-ci, elle semble présenter des symptômes d'une dépendance à l'arcane, il faudra que je vérifie. Concernant cette maladie, je leur ai proposé diverse solution, voulant vérifier jusqu'où elles peuvent aller. Chacune voulant se sacrifier pour sauver l'autre, cela n'a pas conduit bien loin, quel comportement puéril. Au final, je vais vérifier si la magie ralenti bel et bien la progression de la maladie. J'ai fourni à la jeune enfant une amulette sertie d'un arcanum inférieur de rumination pour accroitre ses capacités magique et lui donner un métabolisme proche de celui d'un arcaniste.
J'espère voir un changement opérer assez rapidement, elles savent où me joindre. J'espère également que je ne serai pas retenue ailleurs quand cela arrivera. Il me serait désagréable de les voir mourir, non pas que je m'attache à ces deux enfants, mais l'échec m'est insupportable... Et la Foi de cette enfant m'a impressionné, je suppose que lorsque que la mort est aussi proche, quelque soit l'âge, on n'agit pas comme un idiot. Si jeune et plus sage que certains Kaldorei millénaire...
Toutefois le temps lui est compté, dans le pire des cas, j'ai réduit son espérance de vie de moitié avec ma petite expérience. Je dois les faire rencontrer Kohlastrasz.
Entrée du 16/05/30
J'ai reçu le feuillet de la jeune Liucia :
Dame, mes confuses si je n'ai pas usé de ma plus belle plume pour ces écrits, ou s'il y a choses inconvenantes; je ne voudrais pas souiller par pudeur la vérité et la sapience que vous cherchez à travers mes émois et impressions. Pardonnez ma jeunesse, puisse tout ceci vous être utile.
10 mai.
J'ai chaud, principalement. Je suis fiévreuse, comme si j'avais quelque grippe. Âme ne semble pas trop aimer. J'ai dormi longtemps, cette fois. Âme était réveillée avant moi. Elle m'a dit que j'avais rêvé, je ne m'en souviens pas, mais je me suis sentie épuisée. J'ai prié la Lumière, et m'en suis trouvée apaisée. Ce sera mon refuge. Je dois endurer.
Le lendemain, 11 mai.
J'ai été assez fébrile toute la journée. J'ai une sensation d'impatience. Je frémis au moindre vent. Je ne me sens pas vraiment mal, ceci dit. Je suis juste... Comme sur des braises. J'ai prié autant que j'ai pu, mais la fatigue m'a retenue de le faire autant que j'aurais voulu pour apaiser mon âme. J'enrage contre moi-même de cette faiblesse.
12 mai.
J'ai chaud, j'ai chaud, j'ai terriblement chaud. Je me terre auprès des embruns, le vent et l'écume seuls apaisant ce feu. Je prie, et mes prières résonnent. C'est une sensation étrange, comme s'il y avait de l'écho en moi-même. Je dois endurer encore. Je n'ai parfois qu'une envie, arracher cette chose...
13 mai.
J'ai rêvé encore. Cette fois-ci, je m'en souviens par bribes, surtout parce que j'ai couché par écrit mes songes dès le levé. J'ai rêvé que je chutais -C'est un rêve qui m'est assez commun- mais que je chutais en dedans de moi. Je me suis éveillée avec une frayeur peu commune, et me suis rendormie vite. J'ai rêvé d'une fontaine, par la suite, une grande fontaine de sang. J'avais bien moins peur auprès de la statue versant les flots, et il y faisait très frais. Dans mon rêve, quelqu'un m'a parlé, mais je ne me souviens plus de ses mots.
14 mai.
La chaleur semble s'estomper, ou alors ce n'est que l'accoutumance. Je me trouve, peut être à tort de par mon état des jours derniers, légèrement plus vigoureuse. Âme a fait remarquer que j'ai rougi. Ca ne m'était plus arrivé depuis quelques années. Certaines de mes pensées m'échappent, et avec eux quelques parcelles de la Lumière qui vient de moi. J'espère ne blesser ni n'offusquer personne... Si c'était le cas, j'irais m'enfermer jusqu'à la fin de cette épreuve, et de mes jours avec elle. Âme, pardonne-moi, mais je refuse que ce qui me ronge vienne à toi.
15 mai.
Auprès de la cathédrale je suis bien, Âme et moi nous y sommes reposées une bonne part de la journée. La fatigue me revient avec l'apaisement, j'ai l'impression que me laisser aller me revigorerait, mais de ceci il est hors de question. Ce soir, nous irons à un banquet organisé. Je prie, incessamment, pour tenir. Je dois faire bonne figure. Je suis ressourcée. J'y parviendrai.
[Griffonné]
Je ne veux pas oublier ces instants, alors j'écris, tant pis pour l'ordre et la décence.
Attaquées. Attaquées pour ce collier. Elles disent que c'est pour notre bien -Au nom de quel bien met-on une lame sous la gorge de ma chère Âme ? Je pensais les présages mauvais, cette ville l'est tout autant. L'amie de Leizen, touchée au ventre alors qu'elle porte la vie, ces Hospitaliers qui emploient un Non-Mort, ces gens qui ne veulent que toucher sans même penser à demander ni prévenir; sont-ils tous fous ?
Nous devrons la revoir, je n'ai rien laissé paraître, puisque ça semblait tenir à coeur de mon Âme -et donc à moi- et faire tant plaisir à Leizen, mais il n'aurait tenu qu'à moi qu'elle serait déjà pendue -Pourquoi parler de pitié alors qu'elle aurait pu tuer ma jumelle ?
Je n'avais jamais été aussi en colère. Il faut que je fasse bonne figure, il le faut, mais la chaleur de ces derniers jours était un brasier noir. Cendres amères. Pourquoi ces mots me reviennent, scandés par une voix que je ne reconnais pas ? Cendres amères. Je ne sais pas. J'ai dû savoir. Mais je ne sais pas. J'ai tenu bon longtemps. Je vais prier. Je ne veux pas me noircir de suie face au feu de l'épreuve.
Note ultérieure: Malgré tous mes émois, mon corps semble avoir été bien moins capricieux que d'ordinaire. Une amélioration physique au détriment de la psyché ?
Je dois avouer que je m'y attendais, son affaiblissement psychique est sans doute une conséquence directe de l'avoir forcé à l'arcane sans la préparer. Toutefois, cette sensation de chaleur et ses cauchemars m'intriguent. Je dois en savoir plus avant de tirer une conclusion. Je ne m'inquiète pas de sa psychée, c'est une jeune fille de Foi et elle saura être forte. De plus elle semble bien entourée. J'espère qu'elle et sa soeur ne vont pas comettre d'actes stupide comme consommer volontairement du mana. Ce sont les risques avec ce genre d'expérimentations.
Je dois me faire vieille ou bien j'ai du avoir un mauvais d'absence, mais j'ai donné à ces jeunes fille mon nom de naissance. J'espère sincèrement qu'ils en déduiront que ce nom est un autre faux que j'utilise comme couverture, je n'apprécie guère que cette appellation soit utilisée par des personnes en ignorant le sens. Les choses commencent à s'accelerer, je dois vraiment revoir ces deux enfants.